11 juin 2012

Regarder les fenêtres

Il y a sans doute des saisons propices.
À la radio, ils nous rappellent que nous autres, les Français nous déménageons beaucoup. Beaucoup plus fréquemment qu'auparavant. Accélération des mobilités, efficience toujours renforcée des moyens de transport...
C'est dans la soirée que je me suis mise à réfléchir à ça. Je me suis souvenue les différents appartements que j'avais déjà occupé ici à Paris : deux dans le XIème arrondissement et puis l'actuel dans le XXIème. J'y repense. Souvent d'ailleurs, mais sous forme de "référence", pas comme une nostalgie. Bien sûr ces lieux sont associés à de nombreux souvenirs, beaux et certainement moins beaux (il faudrait davantage y réfléchir), mais une fois quittés, les lieux disparaissent, comme si une fois la porte refermée, le tour de clé donné, le chapitre était clôt. C'est purement logique : une fois votre bien vendu, vous n'êtes plus "chez vous" ; je ressens tout à fait cela, cloisonnant parfaitement le passé du présent.
Chaque emménagement par la réciproque est une nouvelle page à écrire. Néanmoins, nous ne sommes jamais neufs dans les histoires. Depuis notre installation ici, où beaucoup reste encore à faire, les projets d'aménagement et de décoration vont bon train. Je parlais plus haut de "références". C'est vrai. S'il n'est pas difficile de passer d'un espace à un autre, en revanche on recherche toujours un peu le même décor. La nuance est subtile. C'est étrange cette nécessité à systématiquement recréer son cocoon. C'est profondément animal j'imagine.
Enfin, je m'éloigne un peu de mon illustration et de la brève idée que je souhaitais exposer aujourd'hui. Ce soir là, faisant donc l'inventaire des lieux que nous avons habité dans la capitale, j'interrogeais Julien et lui demandais si nous aussi, nous ferions comme nos parents, enfin comme les miens faisaient lorsque j'étais petite... et même longtemps après encore.
Est-ce que nous aussi plus tard, repassant en voiture dans le onzième arrondissement, rue des Goncourt ou des boulets, nous ralentirions le véhicule pour nous pencher et regarder, le nez collé à la vitre, les yeux levés vers l'immeuble, notre passé avec notre fille assise à l'arrière tout à l'écoute et pourtant exclue de cette histoire et des "tu te souviens..." ?

2 commentaires:

Anonyme a dit…

C'est amusant cet article. Moi qui vis avec un homme "nomade", adepte, inconditionnel du déménagement, je pensais justement à ce sujet, tout récemment alors qu'il lui prend l'envie de déménager... encore une fois !!! Pourquoi, comment, à quel prix (émotionnel et sentimal) quitter un appartement que l'on aime déjà beaucoup. Bye bye ;-)

nazia shah a dit…

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